Un palais du 19e siècle en Croatie réinventé en un lieu contemporain
Plongez dans la décoration intérieure du Palazzo Caterina à Hvar en Croatie, un palais du 19e siècle entièrement rénové
Certains bâtiments résistent au temps et leur beauté ne se dément pas malgré les années. Le Palazzo Caterina, sur la place principale de la ville de Hvar, est un ancien palais du 19e siècle en Croatie, qui en fait partie. Sa façade de pierre calcaire surveille la cathédrale Saint-Étienne depuis plus de 200 ans, et sa récente transformation en boutique-hôtel de luxe n'a rien effacé de sa magnificence, bien au contraire.
Avant de pousser la porte du palazzo, il faut comprendre l'île. Hvar occupe une place particulière dans l'archipel dalmate. La Croatie compte des milliers d'îles, mais Hvar cumule plusieurs atouts rares avec ses 2700 heures d'ensoleillement annuel. Mais on y trouve aussi les plus beaux champs de lavande de l'Adriatique, et des vignes en terrasses qui plongent vers une mer d'un bleu pur.
La ville de Hvar, capitale de l'île, conserve un tissu urbain ancien presque intact avec ses ruelles étroites. Sa forteresse espagnole domine tout depuis une colline. C'est un mélange de pierre blonde, de chaleur et de proximité avec une eau qui scintille à deux pas. En arrière-plan, on peut apercevoir les îlots de Pakleni.
C'est dans ce contexte que le duo de design Rôck&Villa, basé à Majorque et composé de Paulo Valcic et Stefan Relic, a reçu la commande de rénover le Palazzo Caterina. Une mission qui tenait autant du défi émotionnel que technique.
Le bâtiment date des années 1800. Sa structure porte les traces de toutes les périodes: arcs en plein cintre dans les murs porteurs, moulures sur les encadrements de portes, escaliers en pierre aux proportions généreuses. L'équipe de Rôck&Villa a pris le parti de mettre en valeur tous ces éléments. Les murs en pierre apparente restent visibles dans les suites, avec leur texture irrégulière et leur couleur crème légèrement rosée. Les poutres de plafond conservent leur section brute.
Ce que les architectes ont intégré tient dans cette phrase qu'on lit sur leur compte Instagram: " la rénovation cherche à combiner le patrimoine du bâtiment avec des éléments contemporains bien choisis, du mobilier sur mesure, des objets artisanaux, et des équipements modernes."
Ce palais du 19e siècle en Croatie propose trois types d'hébergement. La Two Arches Suite (31m2) et la Caterina's Suite (36m2) s'ouvrent toutes deux sur la place Saint-Étienne et la cathédrale. La Private Villa atteint 250m2 et peut loger quatre personnes.
Dans les suites, les hauts plafonds jouent un rôle décisif. Car si les chambres sont de dimensions classiques, leur hauteur donne une impression de volume amplifié. La palette de couleurs tourne autour de trois registres, le blanc calcaire des murs, les teintes sable du lin des textiles, et le gris de certains meubles.
On ne trouve aucune couleurs vives, pas de références folkloriques aux carreaux traditionnels. Le mobilier sur mesure combine des lignes nettes, des pieds métalliques fins et des matériaux naturels, en bois clair ou en pierre locale.
La Private Villa du Palazzo Caterina est totalement indépendante. Ses 250m2 accueillent jusqu'à quatre personnes et elle occupe une large portion du bâtiment historique. Dans cette vaste surface, les partis pris décoratifs prennent une autre ampleur. Les volumes sont généreux, et les circulations facilitées. Chaque pièce développe sa propre identité tout en restant dans la cohérence de l'ensemble.
On retrouve bien sûr les mêmes fondamentaux que dans les suites avec des pierres apparentes, et une palette neutre construite autour du lin, du sable et du gris. Sans oublier le mobilier sur mesure aux lignes épurées.
Ce type de logement s'adresse à des voyageurs qui veulent vivre l'expérience d'une façon plus indépendante qu'à l'hôtel.
La villa dispose aussi d'une vue directe sur la place et la cathédrale, comme les suites. Mais depuis ses fenêtres plus nombreuses et ses pièces en enfilade, la relation au paysage urbain change de nature. La cathédrale Saint-Étienne a une présence constante dans la maison.
En tout premier lieu, le choix de conserver les pierres apparentes est la première décision qui fait la différence. Un mur de calcaire brut apporte une texture que nul papier peint ne pourrait imiter, et vous envoie directement dans un siècle passé.
La sobriété chromatique fonctionne aussi, en apportant beaucoup de douceur à l'atmosphère. L'emplacement est un atout indéniable avec la vue sur la cathédrale depuis les fenêtres. Une façade baroque du 17e siècle comme tableau, c'est mieux que n'importe quelle œuvre accrochée au mur.
On pourrait peut-être regretter un intérieur très maîtrisé, presque trop sage. L'élégance minimaliste méditerranéenne produit souvent cet effet, on admire, mais on a un peu trop l'impression de se trouver dans un théâtre. Les quelques touches d'artisanat local présentes, avec des objets faits main, et des textiles régionaux, vont dans le bon sens. Mais on aimerait en voir davantage pour se sentir plus en Croatie, et pas dans n'importe quel endroit du sud de l'Europe.
La reconversion de bâtiments patrimoniaux en lieux d'hébergement de caractère représente l'un des mouvements les plus intéressants du design hôtelier depuis dix ans. L'Italie a fourni le modèle avec ses palazzi transformés en boutique-hôtels. La Croatie, et Hvar en particulier, s'approprie ce modèle grâce à la présence de nombreux bâtiments anciens et à la qualité du bâti existant. Le calcaire dalmate, les ouvertures cintrées, et les proportions de ces palais constituent une matière première parfaite à rénover.
Palazzo Caterina réussit l'essentiel. Il crée une conversation entre un bâtiment du 19e siècle et un regard contemporain sans sacrifier l'un à l'autre. Il choisit la sobriété car la présence des pierres se suffit à elle-même.
Le Palazzo Caterina offre une réponse à une question difficile : comment habiter le passé sans en faire un musée.
La France possède des centaines de bâtiments patrimoniaux comparable à celui de la Croatie, des hôtels particuliers du 17e siècle aux mas provençaux, en passant par les maisons de maître du Sud-Ouest et les immeubles haussmanniens de Paris et de province. Bordeaux, Lyon, Montpellier ou Aix-en-Provence regorgent de volumes anciens aux proportions admirables, encore souvent sous-exploités.
Ce que ce palais du 19e siècle démontre, c'est qu'on peut rénover un bâtiment classé en le rendant plus confortable et sans en trahir l'âme. Le mobilier contemporain, choisi avec soin, n'entre pas en conflit avec les éléments d'origine, il le met en valeur par contraste. Cette approche évite deux écueils fréquents: la restauration à l'identique qui fige le lieu dans un passé figé, et la rénovation trop lisse qui efface ce que le bâtiment avait à dire. Pour cette rénovation, les professionnels ont préféré le dialogue. Et c'est réussi...
Pour séjourner au Palazzo Caterina, ce palais du 19e siècle en Croatie, cliquez sur ce lien !
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Hvar, l'île qui ne ressemble à aucune autre
Avant de pousser la porte du palazzo, il faut comprendre l'île. Hvar occupe une place particulière dans l'archipel dalmate. La Croatie compte des milliers d'îles, mais Hvar cumule plusieurs atouts rares avec ses 2700 heures d'ensoleillement annuel. Mais on y trouve aussi les plus beaux champs de lavande de l'Adriatique, et des vignes en terrasses qui plongent vers une mer d'un bleu pur.
La ville de Hvar, capitale de l'île, conserve un tissu urbain ancien presque intact avec ses ruelles étroites. Sa forteresse espagnole domine tout depuis une colline. C'est un mélange de pierre blonde, de chaleur et de proximité avec une eau qui scintille à deux pas. En arrière-plan, on peut apercevoir les îlots de Pakleni.
C'est dans ce contexte que le duo de design Rôck&Villa, basé à Majorque et composé de Paulo Valcic et Stefan Relic, a reçu la commande de rénover le Palazzo Caterina. Une mission qui tenait autant du défi émotionnel que technique.
Ce que les professionnels ont gardé et ce qu'ils ont osé
Le bâtiment date des années 1800. Sa structure porte les traces de toutes les périodes: arcs en plein cintre dans les murs porteurs, moulures sur les encadrements de portes, escaliers en pierre aux proportions généreuses. L'équipe de Rôck&Villa a pris le parti de mettre en valeur tous ces éléments. Les murs en pierre apparente restent visibles dans les suites, avec leur texture irrégulière et leur couleur crème légèrement rosée. Les poutres de plafond conservent leur section brute.
Ce que les architectes ont intégré tient dans cette phrase qu'on lit sur leur compte Instagram: " la rénovation cherche à combiner le patrimoine du bâtiment avec des éléments contemporains bien choisis, du mobilier sur mesure, des objets artisanaux, et des équipements modernes."
Deux suites et une villa
Ce palais du 19e siècle en Croatie propose trois types d'hébergement. La Two Arches Suite (31m2) et la Caterina's Suite (36m2) s'ouvrent toutes deux sur la place Saint-Étienne et la cathédrale. La Private Villa atteint 250m2 et peut loger quatre personnes.
Dans les suites, les hauts plafonds jouent un rôle décisif. Car si les chambres sont de dimensions classiques, leur hauteur donne une impression de volume amplifié. La palette de couleurs tourne autour de trois registres, le blanc calcaire des murs, les teintes sable du lin des textiles, et le gris de certains meubles.
On ne trouve aucune couleurs vives, pas de références folkloriques aux carreaux traditionnels. Le mobilier sur mesure combine des lignes nettes, des pieds métalliques fins et des matériaux naturels, en bois clair ou en pierre locale.
La Private Villa
La Private Villa du Palazzo Caterina est totalement indépendante. Ses 250m2 accueillent jusqu'à quatre personnes et elle occupe une large portion du bâtiment historique. Dans cette vaste surface, les partis pris décoratifs prennent une autre ampleur. Les volumes sont généreux, et les circulations facilitées. Chaque pièce développe sa propre identité tout en restant dans la cohérence de l'ensemble.
On retrouve bien sûr les mêmes fondamentaux que dans les suites avec des pierres apparentes, et une palette neutre construite autour du lin, du sable et du gris. Sans oublier le mobilier sur mesure aux lignes épurées.
Ce type de logement s'adresse à des voyageurs qui veulent vivre l'expérience d'une façon plus indépendante qu'à l'hôtel.
La villa dispose aussi d'une vue directe sur la place et la cathédrale, comme les suites. Mais depuis ses fenêtres plus nombreuses et ses pièces en enfilade, la relation au paysage urbain change de nature. La cathédrale Saint-Étienne a une présence constante dans la maison.
Ce qui fonctionne vraiment bien
En tout premier lieu, le choix de conserver les pierres apparentes est la première décision qui fait la différence. Un mur de calcaire brut apporte une texture que nul papier peint ne pourrait imiter, et vous envoie directement dans un siècle passé.
La sobriété chromatique fonctionne aussi, en apportant beaucoup de douceur à l'atmosphère. L'emplacement est un atout indéniable avec la vue sur la cathédrale depuis les fenêtres. Une façade baroque du 17e siècle comme tableau, c'est mieux que n'importe quelle œuvre accrochée au mur.
Ce qui appelle une réserve
On pourrait peut-être regretter un intérieur très maîtrisé, presque trop sage. L'élégance minimaliste méditerranéenne produit souvent cet effet, on admire, mais on a un peu trop l'impression de se trouver dans un théâtre. Les quelques touches d'artisanat local présentes, avec des objets faits main, et des textiles régionaux, vont dans le bon sens. Mais on aimerait en voir davantage pour se sentir plus en Croatie, et pas dans n'importe quel endroit du sud de l'Europe.
Un projet qui s'inscrit dans une tendance de fond
La reconversion de bâtiments patrimoniaux en lieux d'hébergement de caractère représente l'un des mouvements les plus intéressants du design hôtelier depuis dix ans. L'Italie a fourni le modèle avec ses palazzi transformés en boutique-hôtels. La Croatie, et Hvar en particulier, s'approprie ce modèle grâce à la présence de nombreux bâtiments anciens et à la qualité du bâti existant. Le calcaire dalmate, les ouvertures cintrées, et les proportions de ces palais constituent une matière première parfaite à rénover.
Palazzo Caterina réussit l'essentiel. Il crée une conversation entre un bâtiment du 19e siècle et un regard contemporain sans sacrifier l'un à l'autre. Il choisit la sobriété car la présence des pierres se suffit à elle-même.
Le Palazzo Caterina offre une réponse à une question difficile : comment habiter le passé sans en faire un musée.
Ce que la France peut apprendre de cette rénovation
La France possède des centaines de bâtiments patrimoniaux comparable à celui de la Croatie, des hôtels particuliers du 17e siècle aux mas provençaux, en passant par les maisons de maître du Sud-Ouest et les immeubles haussmanniens de Paris et de province. Bordeaux, Lyon, Montpellier ou Aix-en-Provence regorgent de volumes anciens aux proportions admirables, encore souvent sous-exploités.
Ce que ce palais du 19e siècle démontre, c'est qu'on peut rénover un bâtiment classé en le rendant plus confortable et sans en trahir l'âme. Le mobilier contemporain, choisi avec soin, n'entre pas en conflit avec les éléments d'origine, il le met en valeur par contraste. Cette approche évite deux écueils fréquents: la restauration à l'identique qui fige le lieu dans un passé figé, et la rénovation trop lisse qui efface ce que le bâtiment avait à dire. Pour cette rénovation, les professionnels ont préféré le dialogue. Et c'est réussi...
Pour séjourner au Palazzo Caterina, ce palais du 19e siècle en Croatie, cliquez sur ce lien !
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